Pourquoi vous respirez mieux par le nez que par la bouche
Fermez la bouche.
Non, ce n'est pas une provocation gratuite. C'est peut-être le meilleur conseil santé que personne ne vous a jamais donné.
Et si on vous disait que la moitié des gens respirent "mal" sans le savoir. Que vos poumons reçoivent peut-être, à chaque inspiration, de l'air non filtré, trop sec et trop froid. Et qu'en respirant par la bouche, vous passez à côté d'une molécule naturelle capable d'améliorer votre oxygénation de 18 %.
Difficile à croire ?
Attendez la suite.
Tout le monde respire, presque personne ne le fait bien
Respirer, c'est la première chose qu'on fait à la naissance. On inspire, on expire, les poumons font leur boulot. On n'y pense jamais.
Et c'est justement le problème.
Parce que le nez et la bouche ne font pas du tout le même travail. Pas "un peu différent". Radicalement différent. Le nez remplit au moins 30 fonctions physiologiques. Trente. La bouche, elle, laisse passer de l'air. C'est à peu près tout.
Mais alors pourquoi tant de gens respirent par la bouche au quotidien ? En marchant, en dormant, en scrollant sur leur téléphone ?
Posez-vous la question maintenant : en ce moment, votre bouche est ouverte ou fermée ?
Produit associéBandes nasales OXDès 0,39 € la bande
Votre nez fait le sale boulot (et vous ne le savez même pas)
Le nez n'est pas juste un appendice au milieu du visage. C'est un vrai système de traitement de l'air, avec trois fonctions que la bouche est tout simplement incapable de reproduire.
Un filtre à particules
La cavité nasale est tapissée de petits cils (on les appelle cils vibratiles) et d'une couche de mucus. Ce duo attrape la poussière, les bactéries, les allergènes et les particules de pollution. Bref, tout ce que vous ne voulez pas dans vos poumons.
Les chiffres sont parlants : environ 20 milliards de particules filtrées chaque jour. Et pour alimenter ce système, le nez produit entre 500 ml et 1 litre de mucus par jour. Oui, ça paraît beaucoup (et un peu dégoûtant). Mais sans ce mucus, chaque inspiration enverrait directement des saletés dans vos poumons.
Quand vous respirez par la bouche : zéro filtration. L'air entre tel quel.
Un humidificateur naturel
L'air extérieur est souvent trop sec pour les poumons. Le nez corrige ça. À l'intérieur de la cavité nasale, trois structures osseuses recouvertes de muqueuse (les cornets nasaux) augmentent la surface de contact entre l'air et les parois humides. Résultat : l'air est humidifié avant d'arriver en bas.
Par la bouche, rien de tout ça. L'air sec entre directement et les voies respiratoires s'irritent. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles ceux qui respirent par la bouche ont souvent la gorge sèche au réveil.
Un radiateur intégré
Il fait 5°C dehors. L'air que vous inspirez est glacé. Le nez le réchauffe jusqu'à une température proche de 37°C (la température du corps) en quelques fractions de seconde. C'est possible grâce au réseau dense de vaisseaux sanguins situés juste sous la muqueuse nasale. Un vrai radiateur biologique.
Par la bouche, l'air froid arrive directement dans les bronches. C'est pour cette raison que vous toussez plus facilement en hiver quand vous courez bouche ouverte.
La molécule que votre bouche ne vous donnera jamais
Et c'est là que ça devient vraiment intéressant.
En 1995, le chercheur Jon Lundberg et son équipe du Karolinska Institute (Stockholm) publient une étude dans Nature Medicine. Ce qu'ils découvrent change la donne : les sinus paranasaux (les cavités creuses situées autour du nez) produisent de l'oxyde nitrique en grande quantité.
L'oxyde nitrique (ou NO pour les intimes), c'est un gaz. Et pas n'importe lequel. Quand vous respirez par le nez, ce gaz est entraîné avec l'air jusque dans les poumons. Et il fait un travail considérable :
- Dilate les bronches et les vaisseaux sanguins des poumons ;
- Améliore la circulation pulmonaire ;
- Augmente l'absorption d'oxygène dans le sang (certaines données parlent de 18 % d'amélioration) ;
- Joue un rôle antimicrobien qui aide à garder les sinus stériles.
Quand vous respirez par la bouche, l'air contourne les sinus. Pas de passage par les sinus, pas d'oxyde nitrique. Vos poumons reçoivent de l'air brut, non enrichi.
Pour ceux qui font du sport, c'est encore plus parlant : la respiration nasale serait environ 22 % plus efficace que la respiration buccale en termes d'oxygénation. Ça paraît contre-intuitif (on a tous l'impression de manquer d'air par le nez en courant), mais c'est parce que le nez crée une résistance qui ralentit naturellement le rythme respiratoire. Ce ralentissement permet un meilleur équilibre entre le CO2 et l'oxygène dans le sang. C'est ce qu'on appelle l'effet Bohr : quand le taux de CO2 est correct, l'hémoglobine libère plus facilement l'oxygène vers les muscles et les organes.
Ce que la respiration buccale fait vraiment
La bouche, c'est un plan de secours. Elle peut sauver la mise quand le nez est bouché (rhume, effort intense). Mais l'utiliser comme mode de respiration principal ? C'est un problème. Et pas un petit.
Voici ce qui se passe quand on respire chroniquement par la bouche :
- La salive s'évapore, la bouche s'assèche et les bactéries prolifèrent ;
- Le risque de caries augmente, surtout le long de la gencive ;
- Les gencives s'enflamment plus facilement (d'abord la gingivite, puis la parodontite si rien n'est fait) ;
- Le ronflement s'installe et le risque d'apnée du sommeil augmente ;
- Le taux de cortisol (l'hormone du stress) grimpe, ce qui complique la gestion de l'anxiété et la qualité du sommeil ;
- Chez l'enfant, la respiration buccale chronique peut modifier la forme du visage : visage allongé, palais étroit, nez aplati. C'est ce qu'on appelle le "faciès adénoïdien" et entre 10 et 15 % des jeunes enfants sont concernés.
Qu'est-ce qu'on fait, concrètement ?
La respiration buccale est souvent une habitude installée depuis l'enfance, parfois liée à des allergies, des végétations ou une déviation de la cloison nasale. Première étape : en prendre conscience.
Quelques pistes :
- Observer comment vous respirez au repos (bouche fermée ou ouverte ?) ;
- Essayer de garder la bouche fermée la nuit (certaines personnes utilisent du tape buccal, une méthode validée par des études préliminaires) ;
- Consulter un ORL si le nez est chroniquement bouché ;
- Pratiquer des exercices de respiration nasale comme la méthode Buteyko ou la cohérence cardiaque par le nez.
Le nez est un organe de filtration, d'humidification et de réchauffement conçu pour préparer l'air avant qu'il n'atteigne les poumons. Et en bonus, il produit une molécule qui booste l'oxygénation du sang.
La bouche, elle, est faite pour manger et parler.
Pas pour respirer.
Continuer votre lecture
Tout voir
Bandes nasales OXDès 0,39 € la bande
Voir




